En ce moment
 
 

Martine filme un serpent en Ardenne: est-ce normal de croiser une telle espèce?

 
 

Une Ardennaise a filmé un serpent à proximité d'une rivière ce week-end. Le spécimen est une couleuvre à collier, l'espèce la plus courante en Belgique. Bien que difficiles à observer, trois espèces de serpents sont présentes chez nous. Elles ne représentent aucun danger.

"C'est le deuxième serpent que je rencontre sur une semaine", s'étonne Martine via notre bouton orange Alertez-nous. Sur la vidéo capturée, on peut effectivement voir un serpent se faufiler entre les rochers bordant une rivière. La scène se déroule à Poupehan en Ardenne, à proximité de Bouillon. Est-ce normal d'y observer un tel animal ?

Nous avons soumis les images à Éric Graitson. Ce chargé de projet auprès de l'organisme de protection de la nature Natagora effectue un suivi des populations de reptiles en Wallonie. Selon lui, le serpent repéré est une couleuvre à collier, l'espèce la plus courante en Belgique. "Je devrais plutôt dire la moins rare" précise toutefois ce spécialiste.

Celui qui en a dans son jardin a beaucoup de chance

En effet, si trois espèces de serpents peuvent être rencontrées en Belgique, elles restent relativement rares. La couleuvre à collier est la plus courante et aussi la plus impressionnante puisqu'elle peut atteindre une taille d'1 mètre 20. On peut la reconnaître grâce au collier clair bordé de noir qui orne sa nuque, comme repérable sur la vidéo.

Le spécimen observé par Martine rampe à proximité d'un cours d'eau. "C'est effectivement fréquent de les retrouver près de rivières car elles mangent des grenouilles et des petits poissons", précise Éric Graitson. En été, il est également possible de les retrouver dans les jardins. "Elles recherchent du compost pour aller pondre leurs œufs", indique l'expert. Les tas de matière organique en décomposition constituent des sites propices à la ponte de cette espèce, apprend-t-on sur le portail de la biodiversité en Wallonie.

Si vous en rencontrez, pas de panique

Leur présence fait l'objet chaque année d'appels aux pompiers parce que "c'est vite la panique", observe Éric Graitson. Mais cette réaction n'a pas lieu d'être. Ce reptile dépourvu de crochets à venin est totalement inoffensif. Au contraire, sa présence est plutôt bon signe : "La couleuvre à collier est une espèce qui est assez exigeante sur la qualité de son environnement. Donc ça veut dire qu'on est dans un environnement de qualité. Celui qui en a dans son jardin a beaucoup de chance, ça veut dire que c'est un endroit qui est encore assez privilégié au niveau de la nature".

Il convient donc de la laisser tranquille si vous la rencontrez. "Il n'y a aucun danger" assure notre spécialiste. En général, croiser un serpent en Belgique n'est pas signe de danger.

La coronelle lisse est une autre espèce de couleuvre présente chez nous, souvent confondue avec la vipère. Comme sa cousine à collier, elle ne possède pas de crochets à venin. De par sa discrétion et sa petite taille, entre 50 et 70 centimètres, elle est plus difficile à observer.

Enfin, la vipère péliade (à ne pas confondre avec la vipère aspic observable dans le sud de la France) est la seule espèce venimeuse présente en Belgique. Toutefois, elle est craintive et peu agressive, "préférant toujours s’enfuir lorsqu’elle est dérangée" selon Natagora. "Aucun décès lié à une morsure de vipère n’a été observé en Wallonie depuis le début du 20ème siècle", précise l'organisme.

Les chances de croiser un tel animal sont pratiquement nulles, selon Éric Graitson. "C'est un animal très rare. En fait, il n'y en a presque plus. C'est l'un des animaux les plus menacés de la faune belge", conclut-il.

Autre animal observé dans la nature belge, l'orvet est souvent confondu avec les serpents. Mais il s'agit d'un lézard sans pattes, lui aussi inoffensif.

Il reste rare de pouvoir rencontrer un serpent dans notre pays. Selon le portail de la biodiversité en Wallonie, la population des trois espèces citées est en recul. S'il vous arrive toutefois d'en voir, des sites d'encodage de données biologiques existent. Signaler la présence de ces espèces difficiles à observer sur observations.be demeure très utile, rappelle Éric Graitson. Les données remontent ensuite au service public de Wallonie et permet d'établir un suivi de l'environnement.


 
 
©Creative Commons
 




 

Vos commentaires