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Coronavirus en Belgique: souffrant d'une insuffisance rénale, Marie se rend au travail avec la peur au ventre

Coronavirus en Belgique: souffrant d'une insuffisance rénale, Marie se rend au travail avec la peur au ventre
©AFP
 
CORONAVIRUS
 

Le coronavirus en Belgique a plongé le pays dans une paralysie durant des semaines. Alors que le déconfinement débute, certains ont du mal à reprendre le chemin du travail. Née avec un seul rein, Marie s'inquiète pour elle mais aussi pour ses enfants. Les contacts qui se multiplient dans les transports en commun et à son travail sont autant de sources d'angoisse.

Bloqués pendant de nombreuses semaines, le pays a entamé le 4 mai son déconfinement en plusieurs étapes (si l'évolution de la situation reste positive). Les différents secteurs ralentis voire totalement arrêtés vont pouvoir se relancer petit à petit. Si cette reprise peut être considérée comme une bonne nouvelle car décidée à l'aune de la baisse du nombre de malades et d'hospitalisations, elle est synonyme d'anxiété pour certains.

Accompagnatrice du temps de midi dans une école primaire de Charleroi, Marie part travailler avec la peur au ventre. "J'adore les enfants, c'est pour ça que j'ai commencé ce travail mais je crains surtout pour ma santé" témoigne-t-elle via notre bouton orange Alertez-nous.

Cette Carolo née avec un seul rein doit suivre un traitement quotidien. Une insuffisance rénale qui pourrait la rendre vulnérable face au coronavirus, selon son médecin. "On dit que c'est surtout les personnes âgées, mais mon médecin m'a dit que j'étais une personne à risque", s'inquiète la mère de 4 enfants qui redouble de vigilance pour éviter d'entrer en contact avec le virus.

Pas de certificat sans symptômes

Sous certificat médical au début de l'épidémie, Marie a pu prendre ses distances avec les potentiels foyers de contamination en restant chez elle. Les vacances de Pâques sont ensuite arrivées lui offrant quelques jours supplémentaires de répit. Mais elle a finalement dû se résigner à affronter ses craintes. "Mon médecin m'a dit 'oui vous êtes une personne à risque mais ce n'est pas valable pour vous faire un certificat et comme vous n'êtes pas malade, je ne peux pas, ce serait illégal'".

Marie a donc repris le chemin du travail. Malgré la suspension des cours dans les écoles décidées par le gouvernement fédéral le 14 mars, elle doit tout de même surveiller quelques enfants dont les parents n'ont d'autres choix que de les laisser à la garderie. "Heureusement, mon contrat n'est qu'un 7 heures par semaine", se rassure-t-elle.

Mais c'est un tout qui contribue à générer une atmosphère anxiogène. Par exemple, le bus et le métro qu'elle doit emprunter pour se rendre jusqu'à l'école primaire de Charleroi sont déjà "des endroits à bactéries" en temps normal, estime-t-elle. De plus, le nombre de passagers va augmenter avec la reprise du travail. Marie a bien essayé de faire autrement : "Le trajet à pied me prend 1 heure 15, alors aller-retour, je dois partir très tôt et laisser mes enfants seuls, ce n'est pas possible".

Pour elle, pas question de les renvoyer à l'école : "Je refuse le retour à l'école de ma fille qui est en 1ère différenciée et de mon dernier qui est en 2ème primaire. Ils pourraient attraper le virus sans qu'on le sache". La possibilité de porter le virus sans présenter de symptômes accentue l'angoisse de Marie. En l'absence de leur mère mais également de leur père qui reprend lui aussi le chemin du bureau, les 4 enfants seront gardés par l'aînée de la fratrie âgée de 13 ans.

De plus en plus de contacts

À partir du 18 mai, les 6èmes primaires vont faire leur retour en classe. Avec 5 autres accueillantes et les 2 cuisinières de l'école, Marie assurera les tournantes du temps de midi. Autant de contacts supplémentaires qui font ses craintes même si "la ville devrait fournir des masques et des gels. J'ai pu en acheter deux lavables sur internet, c'est déjà ça".

"Je sais que je ne suis pas la seule… mais il y va de ma santé", terrorisée par la pandémie, Marie doit malgré tout reprendre ses activités, comme des millions de Belges. Si le contexte ambiant est pesant, la décision d'entamer un déconfinement est prise par le Conseil national de sécurité s'assurant que les conditions sanitaires le permettent. La première Ministre Sophie Wilmès a rappelé à plusieurs reprises qu'un retour en arrière était envisageable si la situation venait à s'empirer. Un plan de reconfinement est même à l'étude pour répondre à cette éventualité.

Marie a tenté de se procurer un certificat ou une attestation compte tenu de son insuffisance rénale mais c'est impossible. Les seules dispositions à prendre sont de continuer à appliquer scrupuleusement les gestes barrières en se lavant régulièrement les mains. Il n'est recommandé de s'isoler en l'absence de symptômes. Le retour au travail doit se faire en maintenant une distance sociale de 1 mètre 50. Le port du masque n'est pour l'heure obligatoire que dans les transports en commun pour les plus de 12 ans mais est tout de même recommandé dans les autres lieux.

 




 

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