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L'initiative de Nathalie à Saint-Hubert a dépassé ses espérances: "Notre équipe de 20 volontaires a déjà réalisé 1284 masques"

L'initiative de Nathalie à Saint-Hubert a dépassé ses espérances:
© RTL INFO
 
CORONAVIRUS
 

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus en Belgique, de nombreuses personnes se sont mobilisées pour venir en aide à la population en fabriquant des masques. Un véritable mouvement de solidarité a vu le jour dans les quatre coins du pays. Nathalie a voulu, elle aussi, apporter sa pierre à l'édifice.

"On est une équipe qui fait des masques en tissus. Cela fait 2 semaines qu'on passe nos journées à laver, couper, coudre et distribuer gratuitement", nous écrit Marie via le bouton orange Alertez-nous. La jeune fille a rejoint un groupe Facebook créé par Nathalie, une habitante de Saint-Hubert.

L'initiative lancé il y a quelques semaines a pris beaucoup d'ampleur. Depuis sa création, 20 personnes, désireuses d'apporter leur aide durant cette période difficile, ont rejoint le mouvement...

Tout commence début avril. C'est avec David, son mari, que Nathalie décide de se lancer et d'apporter son aide dans ce combat contre le coronavirus. En voyant de plus en plus de groupes de fabrication de masques fleurir sur les réseaux sociaux, la Saint-Hubertoise se dit "pourquoi pas nous".


 
"J'ai regardé des tutos"

Mais la femme de 44 ans ne brûle pas les étapes et commence en douceur. "Je me suis achetée une petite machine à coudre. J'ai appris à coudre à l'école il y a 30 ans, mais, je n'avais pas retouché une machine depuis. Mais c'est comme le vélo, ça revient tout seul", dit la quarantenaire. 

"J'ai regardé des tutos pour apprendre à fabriquer des masques, sinon je n'aurais pas su comment les faire. Je suis partie sur un modèle simple, avec une ouverture pour mettre un filtre en papier", précise-t-elle.

Le 3 avril, la Wallonne décidée crée un groupe Facebook. Ensuite, tout va très vite... de nombreuses personnes lui proposent leur aide et rejoignent le projet. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le groupe formé d'hommes et de femmes est bien organisé. "Quand les gens me laissent du tissus, j'emmène ça aux personnes qui s'occupent de la lessive. C'est lavé à 60 degrés. Ensuite, quand je récupère le tissus, ça part chez les personnes à la découpe. On fait des morceaux prédéfinis. Une personne se charge de faire des gabarits enfants. Ensuite, les morceaux découpés partent chez les personnes à la couture. Après, je les récupère et les distribue gratuitement à la population qui demande", détaille Nathalie.

"De plus en plus de gens se sont mis à commander des masques. J'ai tout le temps des appels ou des messages sur Facebook", ajoute-t-elle. 

 

La plupart des gens récupèrent les masques chez elle. Pour éviter tout contact, cette dernière les dépose sur sa boîte aux lettres. Mais lorsque des personnes ne peuvent pas se déplacer, Nathalie va jusqu'à eux.

Cette dernière et son équipe ne demandent rien en échange des masques. Mais certaines personnes, conscientes des coûts occasionnés, laissent quelques euros ou du matériel pour aider l'équipe. "Des gens m'apportent parfois du tissus, un restaurant m'a donné un stock de nappes et de serviettes, mais des écoles aussi et même une boucherie", poursuit-elle.
 

Malgré ces dons, Nathalie nous dit timidement avoir dépensé près de 500 euros depuis le début de cette initiative. Cette somme est partie dans les élastiques et le fil nécessaires à la fabrication des masques, mais aussi dans l'essence qu'elle consomme lors de ses nombreux déplacements quotidiens.

Heureusement, l'équipe vient de recevoir une aide du bourgmestre de Saint-Hubert après avoir fait appel à la commune. "Le bourgmestre a été en Flandre jeudi dernier pour chercher de l'élastique. On m'a fournie un rouleau", se réjouit Nathalie.

"C'est vraiment chouette de pouvoir aider"

Malgré sa bonne volonté, Nathalie, en invalidité depuis 8 ans, doit limiter la couture à cause de douleurs aux mains. Elle est atteinte de dysplasie. Il s'agit d'une malformation qui survient au cours de la période embryonnaire ou après la naissance."On m'a enlevé un os mal formé de naissance dans les 2 mains. J'ai subi plusieurs opérations", raconte-t-elle. "Je me charge des commandes. Du coup, je n'ai pas trop le temps de coudre, mais ça m'arrange car avec mes douleurs, ce n'est pas évident", confie-t-elle.

Cependant, la quarantenaire nous dit prendre des anti-douleurs pour pouvoir continuer à confectionner les masques pour enfants.

L'habitante de Saint-Hubert ne compte pas ses heures. Mais elle ne regrette pas un seul instant d'avoir lancé ce mouvement... "Tout le monde est potentiellement porteur du virus et risque, au pire, sa vie. C'est vraiment chouette de pouvoir aider les gens et de penser à leur santé", explique-t-elle.

Nathalie et son équipe de bénévoles ont déjà réalisé 1284 masques. Tant qu'ils pourront, ils continueront à en fournir à la population.

L'habitante de Saint-Hubert nous avoue que ce projet n'aurait pas été possible sans cette "team" désormais soudée: Céline, Marie-Claire, Fabienne, Béatrice, Noëlle, Kimy, Sylvie, Nadia, Valérie, Maggy, Marie, Alison, Marie, Tina, Mélanie, Elodie, Géraldine, Carine, Véronique, Déborah, Emilie et David.

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