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Des parents préfèrent ne pas remettre leur bébé à la crèche: devront-ils quand même payer à partir du 18 mai?

Des parents préfèrent ne pas remettre leur bébé à la crèche: devront-ils quand même payer à partir du 18 mai?
 
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Depuis ce lundi, première date du déconfinement, tous les enfants en bonne santé peuvent à nouveau fréquenter les crèches et accueillantes. Une solution de garde pour les familles qui reprennent petit à petit leur travail. Certains parents préfèrent toutefois que leur bébé reste à la maison. Jusqu’au 18 mai, comme depuis plus d'un mois, ils ne devront pas justifier cette absence et ils ne devront rien payer. Mais, après cette date, la situation va changer.

C’est un soulagement pour de nombreux parents. Le début du plan de déconfinement marque le retour possible des enfants, sans distinction, à la crèche. Depuis le 4 mai, vous pouvez donc amener votre bébé dans son milieu d’accueil, sauf s’il est malade. Dans certains cas, quelques jours supplémentaires sont demandés pour organiser au mieux ce retour.

Cette décision est liée à la reprise progressive des activités économiques et professionnelles. "Nous avons dû anticiper le fait que de plus en plus de parents doivent trouver une solution de garde pour les enfants. Par ailleurs, nous voulons toujours préserver les grands-parents, les personnes de plus de 65 ans qui sont les plus fragiles face au virus", explique Nicolas Parent, porte-parole de Bénédicte Linard, ministre de l’Enfance en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le taux de fréquentation passe de 2,5 à 15%

Les autorités ont préparé cette reprise en collaboration avec l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE). "Nous avons par exemple élaboré un guide sanitaire et envoyer des masques, des gants et du gel hydroalcoolique au personnel des milieux d’accueil. Nous avons aussi anticipé une augmentation du taux de fréquentation dans les crèches", poursuit le porte-parole de la ministre.

D’après les derniers chiffres, la semaine dernière, le taux de fréquentation était très bas, environ 2,5%. Ce lundi 4 mai, il est monté à 15%. "Et cela va certainement continuer à grimper petit à petit. On pense en tout cas que ce taux va augmenter avec la reprise économique", estime Nicolas Parent.

Je sais que certains d’entre vous n’ont pas envie de remettre vos enfants, surtout si votre travail ne reprend pas mais je dois survivre face à ces décisions

Même si ce retour est une bonne nouvelle pour beaucoup de parents, certains craignent une contamination éventuelle et se posent pas mal de questions. Le porte-parole de la ministre conçoit leurs questionnements, mais il se montre rassurant: "Après un mois et demi de confinement, un retour à la crèche collective peut être inquiétant. Mais en tout cas, on a tout mis en place pour assurer un retour dans les meilleures conditions possibles, tant pour les puéricultrices que pour les enfants et les parents". Pour leur apporter des réponses claires, l’ONE a réalisé un dossier explicatif concernant les conditions et le déroulement de ce retour.

"Je suis obligée de vous redemander votre participation financière"

Plusieurs parents nous ont également contactés via le bouton orange Alertez-nous pour évoquer la participation financière. C’est le cas de Melissa. Cette maman ne désire pas remettre son bébé à la crèche, mais elle devra à nouveau payer les factures de son milieu d’accueil. "Notre accueillante a envoyé un email dans lequel elle affirme qu’elle sera obligée de nous redemander notre participation financière à partir du 18 mai, en fonction du nombre de jours de notre contrat", confie la mère de famille qui nous a transféré ce message.

"Je sais que certains d’entre vous n’ont pas envie de remettre vos enfants, surtout si votre travail ne reprend pas mais je dois survivre face à ces décisions", justifie cette accueillante. "Certains aussi ont peur du retour, c’est pour cela que nous allons organiser des petites rencontres avant votre retour définitif. Les règles d’hygiène seront renforcées et le port du masque sera obligatoire pour vous et pour nous à l’accueil et au retour", ajoute-t-elle.

Une aide de 18 millions d’euros, la plus grosse enveloppe

Alors qu’en est-il exactement ? Tous les parents devront-ils à nouveau payer même si leur enfant ne va pas à la crèche et quand ? Voici un éclaircissement de la situation.

Du 15 mars au 18 mai, la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de suspendre l’obligation de paiement de la participation financière, en octroyant une indemnité compensatoire aux milieux d’accueil. "Le secteur de la petite enfance est celui qui a reçu la plus grosse enveloppe d’aide du gouvernement. Soit 18 millions d’euros", souligne Nicolas Parent. 

Plus besoin donc de justifier l’absence de votre bébé, ni de verser la participation financière prévue dans votre contrat. Mais si vous décidez de le garder chez vous après le 18 mai, vous devrez à nouveau payer car les milieux d’accueil ne recevront plus d’indemnités.

"A partir du 18 mai, il y aura un retour du système de participation financière, en fonction du contrat signé avec le milieu d’accueil", confirme le porte-parole de la ministre.

Des situations différentes en fonction du contrat signé

La présence de l’enfant est souvent la règle, sauf en cas de certificat médical. Les parents peuvent aussi prendre des jours de congé. Leur nombre et les conditions sont différents d’une crèche à l’autre. Certains ont droit à prendre x jours de vacances sans rien payer, d’autres auront juste droit à une réduction du montant par exemple. Les situations varient donc en fonction du type du milieu d’accueil. 

En d’autres termes, vous risquez de devoir verser un certain montant, même si votre petit bout reste avec vous tous les jours. Mais la somme due n’est pas la même pour tout le monde. 

"Dans les crèches subventionnées et publiques, il est également possible de demander de recalculer le montant de la participation financière en fonction de sa situation professionnelle", conseille Nicolas Parent. 

"Par contre, dans les milieux d’accueil indépendants, il y a moins de possibilités d’adaptation et de compensations car leur viabilité dépend uniquement des participations financières des parents", ajoute le porte-parole.

Les crèches privées inquiètent pour leur "survie"

Certaines crèches privées ont d’ailleurs déjà manifesté leur inquiétude financière en raison de la baisse de fréquentation exceptionnelle liée au Covid-19. Les propos de l’accueillante de Melissa confirment cette situation difficile puisqu’elle parle de "survie" dans son message.

Pour évaluer les problèmes rencontrés par les milieux d’accueil, le gouvernement francophone a mis sur pied une cellule de veille par l’ONE. Le but principal est d’identifier sur le terrain les besoins spécifiques du secteur dans les 6 mois qui suivront la levée des mesures de confinement. "L’idée est d’apporter une aide aux crèches menacées. Pour le moment, il y a encore beaucoup d’inconnues. Nous suivrons tout cela de près pour apporter le soutien nécessaire de manière ciblée", assure le porte-parole.   

De leur côté, certains parents avouent leur envie de demander des certificats à leur médecin à répétition pour justifier l’absence de leur enfant et pouvoir le garder sans frais. "Oui, c’est possible. C’est une question que nous devrons aborder. De nouveaux soucis risquent de surgir et nous devrons en discuter", réagit-il.  

Une nouvelle réunion est prévue ce jeudi entre la ministre et le secteur pour faire le point sur la situation et le tour des difficultés. "Notre volonté est d’éviter la moindre perte de places d’accueil en Wallonie et à Bruxelles", conclut Nicolas Parent.  

 




 

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