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Remplacer les grosses bâches en plastique qui recouvrent les récoltes: 4 étudiants belges ont une solution écologique

Remplacer les grosses bâches en plastique qui recouvrent les récoltes: 4 étudiants belges ont une solution écologique
 
 

Au mois de septembre dernier, nous avons été interpellé par Daniel, un citoyen qui s’inquiétait de l'utilisation du plastique par nos agriculteurs pour la protection de leurs récoltes. Un procédé que les intéressés reconnaissaient peu écologique mais dont ils déploraient le manque d'alternatives. Aujourd'hui, cette situation pourrait bien changer. Quatre étudiants de 1ère master en agronomie à Condorcet à Ath ont lancé un projet qui pourrait bien changer la vie de nos agriculteurs... mais aussi de notre planète.

Valentin, Juliette, Martin et Simon ont entre 22 et 23 ans et ils ne sont pas des étudiants comme les autres. Tous très touchés par le monde de l'agriculture, ils ont eu une idée pour changer la vie des professionnels du métier qui recouvrent leurs récoltes de films plastiques afin de les protéger. Ils nous ont contactés via le bouton orange Alertez-nous pour exposer leur projet. "Actuellement dans les exploitations agricoles, on met une couverture plastique au dessus des tas de maïs qui servent à l'alimentation des vaches", confie Valentin Cloots, 22 ans. "On les recouvre en plus des pneus pour que les bâches tiennent bien". Selon l'étudiant, cela pose plusieurs problèmes aux agriculteurs. "Tout d'abord, les bâches sont recyclables mais pas réutilisables", poursuit le jeune homme. En plus d'un problème environnemental de déchet plastique, "c'est donc un embarras pour les agriculteurs".

15% des agriculteurs sondés brûlent leur plastique

Les quatres étudiants ont sondé plus de 300 agriculteurs par rapport à ces bâches plastiques et constaté que "15% brûlaient encore ces bâches dans les cours de ferme". Dans ce sondage, deux agriculteurs avouaient même les enterrer!

Autre souci selon les étudiants, la pénibilité de la mise en place de ces bâches. "Ca représente plusieurs heures de travail, à quatre personnes minimum en plus", remarque Valentin Cloots. "Il y a également de l'eau stagnante qui persiste et qui attire en nombre les moustiques, ce qui peut engendrer des maladies."

Une couverture de déchets agricoles au lieu du plastique

La solution que le petit groupe a trouvée, c'est une couverture alimentaire. Celle-ci serait placée en lieu et place du film plastique. "Cette couverture serait comestible. L'agriculteur n'aura donc plus à se soucier du recyclage, il suffira de la donner aux bêtes en même temps que les aliments. Elle serait constituée de déchets agricoles, des produits non-valorisés dans l'agriculture". Une méthode qui est déjà mise en place par les agriculteurs, notamment avec des frites ou de la purée. "Mais au moment du stockage, rares sont ceux qui disposent d'assez de déchets. Nous misons sur un partenariat avec des entreprises et sur la création de couvertures via des machines, dans le but de les rendre plus solides. Ainsi, elles seraient bien installées par des professionnels et il n'y aurait pas de risques de pourriture des aliments".

Cette solution semble en tout cas répondre à un véritable besoin des agriculteurs. Plus de 95% des sondés seraient favorables à une alternative au plastique, que ce soit pour des raisons écologiques ou pratiques. Le projet a en tout cas fait son petit chemin car il a été sélectionné pour le Young Entreprise Project (YEP) Challenge Belgique, un concours qui s'adresse aux étudiants de l'enseignement supérieur.

"Le point fort du projet? Le confort des agriculteurs"

À la Haute Ecole Provinciale de Hainaut Condorcet, on soutient évidemment ses étudiants inventifs. "On les a choisis car ils sont bien avancés", confirme Barbara Lefèvre, responsable du projet YEP à Condorcet Ath. "Leur argument écologique est réel, mais le vrai point fort de leur projet c'est la diminution de la pénibilité et l'augmentation du confort de travail pour les agriculteurs. Pour moi, c'était une évidence de choisir ce projet".

Actuellement, le projet en est au stade de prototype. "On aimerait tester notre couverture l'année prochaine sur un vrai tas de maïs", confie Valentin Cloots. "Nous attendons donc la prochaine récolte. Ce projet occupe pas mal nos pensées et on y consacre de nombreuses heures par semaine". Quant à la faisabilité du projet, Barbara Lefèvre, la professeur, se veut à la fois prudente et optimiste: "Clairement, ils ne vont pas réussir à tout faire à quatre. Il faudra faire des essais sur le long terme pour voir si la couverture résiste bien aux intempéries. Mais les agriculteurs avaient l'air intrigués. Economiquement, on ne pourra jamais concurrencer le prix du plastique mais le temps gagné par les agriculteurs avec cette méthode pourrait compenser le coût plus élevé."

Le projet des quatre étudiants peut être retrouvé sur la page Facebook Alibabache.




 

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