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Guy Lutgen est décédé

Guy Lutgen est décédé
 
 

Guy Lutgen, ancien ministre et ancien bourgmestre de Bastogne, est décédé à l'âge de 84 ans, rapportent dimanche plusieurs médias. Le Soir a obtenu la confirmation du porte-parole du cdH.

Né en 1936, Guy Lutgen fut l'une des figures politiques importantes du PSC wallon et l'un des artisans de la régionalisation de l'agriculture. Il a siégé sans discontinuer dans l'exécutif wallon de 1988 à 1999. 

Premier bourgmestre du "grand" Bastogne fusionné

Comme beaucoup de familles des Ardennes, les Lutgen ont payé le prix fort de la Seconde Guerre mondiale et la contre-offensive Von Runstedt en 1944. Le père de Guy, Auguste, sera fusillé le 21 décembre par une unité de la Gestapo en compagnie de six autres otages de la commune de Noville, dont un certain Félix Deprez, père de Gérard. Licencié en philosophie de l'Université Catholique de Louvain, Guy Lutgen fait ses premiers pas en politique en 1964 en devenant conseiller communal avant d'être élu en 1974 au conseil provincial du Luxembourg. Entre 1974 et 1977, il travaille au cabinet du ministre de l'Intérieur, Joseph Michel, le maître d'œuvre de la fusion des communes. En 1977, Guy Lutgen est coopté au Sénat. La même année, il devient le premier bourgmestre du "grand" Bastogne fusionné, un mandat qu'il détiendra jusqu'en 2000.

Entre 1985 et 1987, il siège dans le gouvernement Martens II où il gère la modernisation et l'informatisation des services publics. En 1988, il entre dans l'exécutif wallon présidé par Guy Coëme. Sa longévité est exceptionnelle: il siégera ensuite dans les gouvernements Anselme, Spitaels, Collignon I et II. Pendant ces onze années, le Bastognard exercera en particulier les compétences de l'agriculture et de l'environnement. Face à une agriculture belge dominée par la Flandre et le Boerenbond, il se révèle un fervent défenseur de la régionalisation de cette matière. Il obtiendra partiellement gain de cause en 1992, avec les accords de la Saint-Michel. Il créera l'Office Régional de Promotion de l'Agriculture et de l'Horticulture (ORPAH), ancêtre de l'Agence pour la Promotion d'une Agriculture de Qualité de Wallonie (APAQ-W). Il œuvrera également en faveur d'un plus grand soutien des jeunes agriculteurs dans un secteur qui voit chaque année fondre ses effectifs.

Un décret suscitera les passions

A l'Environnement, il aura fort à faire avec un Plan wallon des déchets dont l'accouchement sera difficile. Il devra subir la pression du monde communal et intercommunal, des lobbys économiques mais aussi des environnementalistes et plus généralement d'une population wallonne qui découvre le scandale de la décharge de Mellery. Cette époque sera aussi celle de la qualité des eaux de baignade, épinglée par l'Europe, et de la création de la Société Publique de Gestion de l'Eau (SPGE). Un décret suscitera les passions: pour se conformer aux directives européennes sur la protection des oiseaux, la Région interdit la tenderie, la "chasse du pauvre", une pratique ancestrale en Wallonie. En 1999, le PSC est chassé du pouvoir. En 2000, Guy Lutgen perd le maïorat de Bastogne au profit de Philippe Collard, son "faisant fonction" qui a rejoint le MCC de Gérard Deprez et rallié de ce fait le MR. La défaite électorale est sans appel, Lutgen père se retire de la politique.

Le nom des Lutgen restera toutefois indissociablement lié au PSC et à son successeur le cdH, puisqu'en 2004, Benoît, fils cadet de Guy fait une entrée remarquée en politique. Il est désigné ministre de l'Environnement et de l'Agriculture dans le gouvernement Van Cauwenberghe II. Il assumera ensuite la présidence du parti de 2011 à 2019 et est bourgmestre de Bastogne depuis 2012. Son frère aîné, Jean-Pierre, devient quant à lui une figure connue du monde des affaires en lançant les célèbres "Ice Watch". Élevé au rang d'Officier du Mérite wallon en 2014, Guy Lutgen a rendu son dernier souffle. Il avait 84 ans.




 

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