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"Au début c’était l’enfer, maintenant c’est le purgatoire": Louis et David ont été placés dans le coma après avoir eu le coronavirus

 
CORONAVIRUS
 

Le combat contre le coronavirus est long et difficile. Une fois sortis des soins intensifs, certains patients doivent réapprendre les gestes du quotidien et parfois passer par un centre de réadaptation. A Fraiture, en province de Liège, se trouve un centre dédié à la réadaptation fonctionnelle. Il  prend actuellement en charge 10 patients hospitalisés à cause du Covid 19.

"Au début c’était l’enfer, maintenant c’est le purgatoire". Chaque pas est un supplice. Mais chaque jour est riche de ses progrès. Le combat continue à Fraiture dans un centre dédié à la réadaptation fonctionnelle. Louis Varetto a 68 ans. Après 2 semaines de coma et au bout de ses forces, ce patient amateur de golf est actuellement soigné dans ce centre: "On a l’impression d’être descendu de 90 % et qu’on remonte de 3 % tous les jours. Et ça, c’est dur psychologiquement." 

Des gestes simples deviennent une épreuve

Faiblesse des muscles, troubles de la déglutition ou de la mémoire, les séquelles sont nombreuses. Ninon Vallée est ergothérapeute au Centre Neurologique et de réadaptation fonctionnelle de Fraiture. Elle explique: "Attraper une feuille de papier ou prendre un verre et l'amener à la bouche, tous ces gestes-là sont difficiles. C'est pour cela qu'on fait ce qu'on peut pour les renforcer et les aider à tous les niveaux."

Un effort continu 

Comme pour David. A 32 ans, ce Liégeois vit le même parcours. David est aussi passé par les soins intensifs et le coma. Il n’en a pas plus de souvenirs. "Je ne suis plus le même homme. Je dois réapprendre à remarcher, à re-muscler les jambes parce que je suis resté immobile au CHU. Tous les muscles ont fondu." Après des semaines en unité covid, 10 patients sont actuellement pris en charge ici. Et ils commencent à arriver. Pierre Gillet, directeur médical du CHU de Liège, fait savoir: "Les patients qui vont venir à la fin du premier pic vont être des très longues durées de séjour parce que ce sont des gens qui sont restés longtemps aux soins intensifs et dont les séquelles sont peut-être être plus importantes. Ce ne sera pas un pic épidémique, mais ce sera au cours du temps, ce sera un effort continu pendant les semaines et les mois à venir."

Des habitudes chamboulées 

Les salles de kiné sont vides. Le centre de réadaptation a dû s’adapter au covid. Au-delà de ses spécialités : comme les accidents vasculaires cérébraux  et la sclérose en plaque. Benoît Maertens De Noordhout est le responsable de la réadaptation (Centre Neurologique et de réadaptation fonctionnelle de Fraiture – CHU de Liège): "Nous n’avons en hospitalisation que des patients lourds. Des patients qui ont souvent des polypathologies. Et nous n’allons plus pouvoir leur donner le même confort de rééducation qu’auparavant. Les équipements de rééducation sont devenus individuels."

Une lueur d'espoir

Plus d’hippothérapie non plus. La quinzaine de chevaux du centre patiente. Face à ce nouveau virus, tout doit être repensé. Magali Verdin est kinésithérapeute au Centre Neurologique et de réadaptation fonctionnelle de Fraiture: "On ne sait pas où on va, on ne sait pas comment ils vont réagir. Il y a des jours, ils vont mieux. Et puis, sans comprendre un matin, on arrive et ils dorment toute la journée. On doit vraiment faire en fonction du patient, de l’état du jour." 

Louis Varetto conclut: "Au début, le combattant je l’aurais bien laissé là. Mais maintenant, ça va, je reprends espoir et je vois que ça s’améliore tout doucement et que je respire bien." Pour David, ce sera encore au moins 1 mois de convalescence. Avant tout, c’est pour sa maman qu’il est inquiet. Elle est atteinte elle aussi par le coronavirus et arrivera ici dans les jours à venir.

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