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Mounaïme, 19 ans: "Les policiers ont fermé la porte du fourgon et ont commencé à me frapper"

 
 

Dimanche dernier, sur la Place Poelaert à Bruxelles, 10.000 personnes ont manifesté contre les violences policières et le racisme. Après le rassemblement pacifique, un mouvement de foule s'est créée après qu'une personne ait été contrôlée par la police. 

Mounaïme Tahri allait manger dans le centre-ville de Bruxelles avec un ami ce soir-là. L'étudiant dit avoir été victime d'une "intervention policière". Le jeune homme de 19 ans dont le visage est tuméfié a porté plainte. Il s'est exprimé sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche accompagné par son avocat Guillaume Lys.

Selon ses dires, il se promenait à la Porte de Namur lorsqu'un mouvement de foule s'est créé après qu'une personne ait été contrôlée par la police. "J'étais arrivé depuis 5 à 10 minutes, pas plus", a-t-il précisé. Des policiers ont attrapé l'étudiant et ont entravé ses mains. Ils l'ont mis dans le coffre de leur fourgon. D'autres agents sont alors entrés dans le fourgon alors que le jeune homme était "menotté dans le dos", explique-t-il. 

"Directement, ils ont commencé à m'insulter et ont fermé la porte du fourgon. Ils ont commencé à me frapper en essayant de viser le visage. J'ai essayé de me débattre et de me protéger en me repliant sur moi-même, mais ils me remontaient à chaque fois pour viser le visage et après, je suis tombé dans les pommes", a raconté Mounaïme Tahri. Ce dernier a précisé qu'il n'avait fait aucune réflexion aux agents et qu'il n'a jamais résisté. Mounaïme Tahri a été envoyé à l'hôpital où on lui a fait un certificat médical de 11 jours. 

Toujours selon le jeune homme, les policiers l'ont réveillé à coup de gifles. L'un d'eux lui a alors demandé: "Tu aimes la police maintenant ?". Mais l'étudiant, "complètement sonné" n'a pas répondu. "J'essaie juste de reprendre conscience, mais je n'ai pas réagi à ça", a-t-il expliqué. Les agents ont amené le jeune homme à la caserne d'Etterbeek. Sur place, un policier lui a dit en riant: "Tu as surement trébuché", comme si on l'incitait à avoir cette version là, raconte le jeune homme de 19 ans. "Il a dit que ce n'était pas forcément ses collègues qui avaient fait ça mais je n'ai pas réagi", a-t-il poursuivi.

"Il a fait ce qu'il fallait faire. C'est-à-dire ne pas se taire face à ce genre d'agissements. Il a été porté plainte. Un magistrat du parquet est actuellement saisi. C'était le jour où on dénonçait des violences policières et, ce jour-là, malheureusement, des violences policières ont eu lieu donc effectivement c'est interpellant", a dit Guillaume Lys, avocat de Mounaïme Tahri. 

Également présent sur le plateau, Thierry Belin, secrétaire général du Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS), a réagi suite à ce témoignage. "Je ne vais pas faire l'enquête en dehors de l'enquête et je ne veux pas mettre en doute la déclaration de ce jeune homme. D'autant qu'une plainte a été déposée. Mais ça prouve une chose, contrairement à ce que mes détracteurs veulent dire, si vous voulez vous plaindre des comportements que vous jugez abusifs ou inadéquats de policiers, vous avez la possibilité de le faire et c'est poursuivi et l'enquête sera menée. Donc laissons la justice faire son enquête sereinement et ne mettons pas d'huile sur le feu", a répondu Thierry Belin.

La zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles a ouvert une enquête interne.

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