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Coronavirus: désemparée, Laura doit quitter son appartement... mais ne peut pas en visiter d'autres à cause du confinement

Coronavirus: désemparée, Laura doit quitter son appartement... mais ne peut pas en visiter d'autres à cause du confinement
© SeaReeds de Pixabay
 
CORONAVIRUS
 

Une Bruxelloise doit quitter son logement dans quelques semaines. Mais à cause du confinement, il n'est plus possible de visiter d'appartements. La locataire craint de ne pas trouver de logement avant l'échéance.

"L'appartement dans lequel je vis a été vendu. Je dois le quitter le 7 juin", débute Laura (prénom d'emprunt) via le bouton orange Alertez-nous. La Bruxelloise, locataire d'un appartement à Etterbeek, nous confie qu'elle risque de se retrouver dans une situation problématique dans quelques semaines. Cette dernière doit trouver rapidement un autre logement, mais à cause du confinement imposé à la population, cette quête s'annonce périlleuse.

Le Centre de crise a indiqué, le 25 mars, que les visites de biens immobiliers étaient interdites en raison de la crise du coronavirus en Belgique. "Ca fait déjà plusieurs mois que je recherche un appartement. Mais depuis quelques semaines et, sans doute, pour un bon bout de temps encore, il n'y a plus moyen de faire des visites d'appartements à cause du confinement", poursuit Laura. Et difficile de louer un bien immobilier en se fiant uniquement aux photos publiées dans les annonces. Ces images sont "trop souvent loin de la réalité", déplore-t-elle.

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"Je ne veux pas prendre de risque"

La locataire affirme avoir expliqué plusieurs fois la situation à son propriétaire, mais, selon ses dires, ce dernier n'est très accommodant. "Quand le premier confinement a été annoncé, j'ai envoyé un mail à mon propriétaire pour lui faire part de mon inquiétude. Mais il m'a répondu qu'il avait déjà donné son renon (résiliation d'un bail) et qu'il espérait que je trouverais vite un appartement. Quand le confinement a été prolongé, je lui ai téléphoné pour savoir s'il n'y avait pas moyen d'allonger, mais il n'était pas trop conciliant", raconte la Bruxelloise.

"Evidemment, je comprends son empressement à intégrer son bien, mais cela ne fait pas mon affaire dans ces circonstances exceptionnelles. Mais moi je ne veux pas prendre de risque, je respecte le confinement. Je ne suis sortie de chez moi que deux fois pour aller à des rendez-vous maintenus à l'hôpital et deux autres fois pour faire des courses", dit-elle.

Tant que durera le confinement, elle peut rester dans son logement. Les expulsions sont totalement interdites dans toute la Belgique

Pas d'expulsion

Nous avons décrit la situation de Laura à José Garcia, président du Syndicat des Locataires. Sa réponse en la matière est très claire. Tant que le confinement sera en place, les propriétaires ne pourront pas expulser leurs locataires. "Tant que durera le confinement, elle peut rester dans son logement. Les expulsions sont totalement interdites dans toute la Belgique. Le gouvernement a pris des dispositions. Même si ça tourne au vinaigre, elle peut rester dans son appartement", précise le président du Syndicat des Locataires.

Le 2 avril, la secrétaire d'État bruxelloise au Logement Nawal Ben Hamou a annoncé un prolongement du moratoire contre les expulsions domiciliaires à Bruxelles jusqu'au 3 mai prochain. Elle souhaite travailler à l'élaboration de solutions qui tiennent compte de la situation des locataires en difficulté, et de celle des propriétaires qu'une absence de loyer mettrait dans une situation financière délicate, pour le marché locatif privé. Dans l'intervalle, Nawal Ben Hamou en appelle au sens de solidarité et de responsabilité des propriétaires.

Une diminution mondiale

Malgré l'interdiction des visites, Laura continue de consulter les sites immobiliers dans l'espoir de trouver un logement et déménager juste après le confinement. Mais la locataire confie que très peu de nouveaux biens sont encore proposés, ce qui ne facilite pas ses recherches. "Les agences immobilières m'ont envoyée des mails pour m'informer qu'elles étaient fermées. Je ne reçois plus d'alertes des sites de biens immobiliers et il n'y a pas beaucoup de nouveautés publiées", nous dit-elle.

Valentin Cogels, CEO d’Immoweb, confirme les dires de la Bruxelloise, ajoutant qu'il y a "clairement une baisse des consultations" sur les sites immobiliers. Ce dernier précise que dans son secteur, cette diminution est mondiale et que "l'immense majorité souffre". "Nous avons comparé les chiffres de l'avant lockdown à ceux du lockdown. En moyenne, le nombre de visites par jour sur Immoweb est de 500.000. Mais depuis les mesures de confinement, ce chiffre est tombé à 300.000 environ. On a une baisse de 37% du nombre de visites par jour", dévoile le CEO d’Immoweb.

Il faut dire que les mesures actuelles, prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, ont mis le marché de l'immobilier quasi à l'arrêt. "Il est très difficile de mettre sur le marché de nouveaux biens lorsqu'il n'y a plus de visites et que des photos ne peuvent pas être prises pour les sites", a expliqué Dorien Stevens, la porte-parole de l'Institut professionnel des agents immobiliers (IPI), le 25 mars.

 




 

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