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Très haut débit: le coronavirus va retarder le déploiement d'un million de prises

Très haut débit: le coronavirus va retarder le déploiement d'un million de prises
Retard d'au moins deux mois à cause du coronavirus pour le déploiement du très haut débit sur le territoire françaisBERTRAND LANGLOIS
 

Le coronavirus fera prendre "dans le meilleur des cas" deux mois de retard au chantier pour déployer le très haut débit sur le territoire français, soit un million de prises non déployées en 2020 selon une étude publiée jeudi par Infranum, ex-fédération des industriels des réseaux d'initiative publique.

"La filière ne s'est pas arrêtée même si son activité a chuté, explique la fédération qui regroupe des entreprises de la filière des infrastructures numériques. On est remontés à 75% actuellement et on sera revenus à 90% en septembre."

Réduit à moins de la moitié durant le confinement, le déploiement du plan Très Haut Débit ("THD") aura un retard de "deux à trois mois" minimum en 2020 selon cette étude réalisée par les cabinets de conseil en stratégie télécoms Tactis et EY.

Le plan "THD" vise une couverture intégrale du territoire d'ici à 2022 en internet très haut débit, fixe et mobile.

"Toutes les activités de maintenance ont heureusement fonctionné à pleines balles, ce qui a permis aux gens de continuer à travailler et à bien vivre le confinement, a détaillé une porte-parole d'Infranum. Par contre il y a eu beaucoup plus d'alertes et de grosses difficultés sur les activités de déploiement. D'où un retard d'un million de prises en 2020 et certainement encore 500.000 en 2021."

La perte d'activité a entraîné des surcoûts de production pour la filière, essentiellement sur la construction et le déploiement des équipements. Pour la production d'une prise fibre, ces surcoûts sont estimés entre 17 et 23% pendant le confinement, et entre 11 et 17% sur la période actuelle.

L'étude estime la baisse de chiffre d'affaire à 36% en moyenne pour ces entreprises et jusqu'à 87% pour certaines catégories d'acteurs de la filière, pourtant "résiliente", puisque seulement 11% des acteurs interrogés envisagent de licencier et "très peu"la liquidation.

Pour tenir cet objectif, la filière propose un plan de relance dont le coût est estimé à 11,2 milliards d'euros, dont 7 milliards à prendre en charge par les pouvoirs publics.

Durant le confinement les usages numériques ont augmenté de 30%, avec le streaming, les jeux vidéos, ou les cours à domicile et plus de cinq millions de français sont en télétravail.

L'enquête a été réalisée en mai auprès des membres de la fédération Infranum, dont près de la moitié des 210 entreprises représentatives ont participé.

La filière des infrastructures numériques représente 52 milliards d'euros de chiffre d'affaire et environ 280.000 emplois.

 

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