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Les commerces britanniques entre peur de l'avenir et espoir de réouverture

 
 

La pandémie menace de faire des dégâts considérables sur le commerce au Royaume-Uni, entre faillites et pertes d'emplois, même si de nombreuses enseignes tentent de faire repartir leur activité alors que le confinement n'est pas encore officiellement levé.

Les ventes de détail on enregistré une chute record de plus de 18% sur un mois en avril, et certaines habitudes de consommation "ont changé pour toujours" a prévenu cette semaine le patron de Marks and Spencer, suggérant une baisse de fréquentation durable des commerces physiques.

Tour d'horizon de l'impact du confinement sur les commerces, dont la plupart étaient déjà très fragilisés par l'essor des ventes en ligne et des consommateurs frileux avant le Brexit.

L'HABILLEMENT PLONGE

Les ventes d'habillement ont plongé de 50% en avril sur un mois à cause de la fermeture des magasins, que ce soit par exemple chez Marks and Spencer, Next ou Primark, sans que les ventes en ligne n'augmentent.

D'autres sont obligés de licencier comme la chaîne de boutiques de chaussures Clark's qui supprime 900 postes administratifs. La chaîne de grands magasins Debenhams s'est quant à elle déclarée en faillite afin de préserver ses liquidités et éviter un démantèlement.

"L'absence d'interactions sociales, que ce soit au travail, avec les amis ou en vacances, a décimé la demande pour de nouvelles tenues", selon Richard Lim, analyste chez Retail Economics.

Et il craint que la réouverture soit difficile si les clients hésitent à utiliser les cabines d'essayage ou sont accueillis par des vendeurs masqués.

PUBS ET RESTAURANTS APPELLENT A L'AIDE

La fermeture de l'ensemble des pubs sur le territoire a été un crève-coeur pour nombre de Britanniques.

Même si certains s'organisent pour livrer de la bière, nombreux sont les pubs à craindre de devoir mettre la clé sous la porte.

L'organisme professionnel British Beer and Pub Association (BBPA) redoute que 19.000 d'entre eux, sur les 47.000 du pays, ne puissent pas rouvrir, et appelle le gouvernement à faire plus pour aider les établissements les plus fragiles.

Chez les restaurants, la chaîne Carluccio's a été emportée par le coronavirus mais vient de trouver un repreneur, au prix toutefois de la fermeture de 40 établissements et de 1.000 licenciements.

Le Casual Dining Group, qui possède les enseignes Bella Italia, Café Rouge et Las Iguanas, devrait bientôt se placer sous les régime des faillites, ce qui menace 6.000 emplois.

En revanche, d'autres tentent de repartir. La populaire chaîne Pizza Express rouvre 13 de ses restaurants à Londres, mais seulement pour emporter.

Côté fast-foods, quelques dizaines de restaurants McDonald's ont réouvert, en version "drive" seulement. D'autres enseignes comme Burger King, KFC et les chaînes Pret à manger ou Starbucks recommencent à proposer des ventes à emporter, à faible échelle pour l'instant.

LES SUPERMARCHÉS RÉSISTENT

Ils ont été les grands gagnants peu avant le confinement, les Britanniques se précipitant pour faire des stocks par crainte de pénuries.

Cette configuration inédite a conduit en outre à une vague d'embauches, Tesco ayant recruté 45.000 personnes en deux semaines, fin mars et début avril.

Si la frénésie d'achats alimentaires et de biens de première nécessité est retombée, les grandes chaînes s'attendent à des ventes encore importantes, surtout grâce à internet.

"Pour les distributeurs alimentaires, s'adapter au changement d'habitude sera la clé, que ce soit un retour à une fréquentation régulière des magasins ou à la poursuite des livraisons à la maison au même rythme qu'aujourd'hui," souligne Ian Geddes, un responsable du cabinet Deloitte.

L'AUTOMOBILE VEUT ACCÉLÉRER

Les ventes de voitures ont été réduites presque à néant en avril au Royaume-Uni, en raison de la fermeture des concessionnaires.

L'association sectorielle SMMT presse le gouvernement d'autoriser une réouverture au plus vite des 4.900 concessionnaires du pays.

Elle a calculé que chaque jour de fermeture coûte 61 millions de livres à l'Etat, en raison de moindres recettes fiscales et du recours au dispositif de chômage partiel.




 

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