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Les Européens au chevet de leurs économies, les Barcelonais invités à rester chez eux

 

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Les dirigeants de l'UE poursuivaient vendredi soir à Bruxelles des négociations difficiles sur les moyens de soutenir leurs économies frappées par la pandémie de Covid-19, au moment où celle-ci donne des signes de redémarrage en Europe, notamment à Barcelone, dont les habitants sont invités à rester chez eux.

Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement, chapeautés par le président du conseil Charles Michel et rejoints par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, se sont retrouvés en chair et en os pour la première fois en près de cinq mois, portant un masque de protection et à bonne distance les uns des autres.

L'objectif de ce sommet européen extraordinaire est de se mettre d'accord sur un plan de relance massif de 750 milliards d'euros composé de 250 milliards de prêts et - surtout - de 500 milliards de subventions, qui n'auront donc pas à être remboursées par les Etats bénéficiaires.

Les divergences entre les partisans de ce plan, qui devrait profiter en premier aux pays du sud, Italie et Espagne en tête, et les Etats adeptes de l'orthodoxie budgétaire (dits "frugaux") sont profondes et le sommet pourrait durer jusqu'à dimanche.

- L'Europe durcit ses mesures sanitaires -

Le sommet se déroule avec, en toile de fond, la propagation ou la reprise de la maladie dans de très nombreux pays, notamment sur le Vieux Continent où plusieurs Etats ont pris ces derniers jours des mesures ciblées pour tenter d'éviter une deuxième vague épidémique.

En Espagne, l'un des pays les plus affectés par le coronavirus avec plus de 28.400 morts, près de quatre millions d'habitants de l'agglomération de Barcelone ont été appelés vendredi à "rester chez eux".

Le gouvernement régional a aussi annoncé la fermeture des cinémas, des théâtres ou des discothèques, l'interdiction des réunions de plus de dix personnes et des visites dans les maisons de retraite ou la limitation de la capacité d'accueil à 50% dans les bars et les restaurants.

Les autorités espagnoles surveillent depuis plusieurs jours plus de 120 foyers actifs, en particulier en Catalogne (nord-est).

Pourtant relativement épargnée par le Covid-19, l'Allemagne a autorisé l'adoption de mesures de confinement durcies au niveau local, avec "des interdictions de sortie" dans des zones géographiques limitées en cas de pic de contamination.

En France, le Premier ministre Jean Castex a appelé à "plus de vigilance".

- Un "plateau" au Brésil -

Le gouvernement israélien a lui aussi décidé de fermer certains lieux publics "pour éviter un confinement général", en raison d'un nombre croissant de nouveaux cas.

Du vendredi en début de soirée au dimanche matin, "les magasins (non essentiels), les centres commerciaux, les salons de coiffure et de beauté, les bibliothèques, les zoos, les musées, les piscines, les attractions touristiques et les tramways" seront fermés.

Dans le monde, près de 14 millions de personnes ont officiellement contracté le Covid-19 et près de 600.000 morts ont été recensées, selon un bilan arrêté vendredi.

Les Etats-Unis, le pays le plus endeuillé au monde avec plus de 138.000 décès, ont enregistré jeudi un nouveau record de contaminations avec plus de 68.000 cas en 24 heures.

Les autres pays comptant le plus de morts sont le Brésil (76.688 morts), le Royaume-Uni (45.119), le Mexique (37.574) et l'Italie (35.017).

L'Inde a dépassé vendredi le million de cas.

De son côté, le Brésil en compte dorénavant officiellement plus de deux millions, "mais le chiffre réel (y) est probablement quatre ou cinq fois plus élevé", a dit à l'AFP Jean Gorinchteyn, infectiologue à l'Institut Emilio Ribas et à l'hôpital Albert Einstein de Sao Paulo.

L'Organisation mondiale de la santé considère toutefois que ce pays est désormais sur un "plateau" : le taux de reproduction du virus, mesurant le nombre des nouvelles contaminations pour chaque personne infectée, qui était supérieur à 1,5 ou 2 en avril/mai, se situe en effet désormais à entre 0,5 et 1,5.

"La croissance au Brésil n'est plus exponentielle, elle a atteint un plateau", et il "a maintenant l'opportunité de repousser la maladie, de supprimer la transmission du virus, de prendre le contrôle" de l'épidémie, a souligné l'OMS.

- Fort recul de l'économie américaine -

Aux Etats-Unis, le nombre des contaminations recensées toutes les 24 heures dépasse systématiquement les 60.000 depuis une semaine, soit environ deux fois plus qu'en avril, au plus fort du confinement.

La résurgence de la pandémie représente "le principal risque" pour l'économie américaine qui a enregistré une contraction historique de 37% au deuxième trimestre, a par ailleurs prévenu vendredi le Fonds monétaire international.

A rebours de ces informations alarmantes, le Premier ministre britannique Boris Johnson a tracé la perspective d'une sortie du confinement pour son pays, le plus durement touché en Europe, disant espérer un "retour à la normale au plus tôt à partir de novembre, peut-être à temps pour Noël".

Le dirigeant conservateur a ainsi encouragé les Anglais à reprendre les transports en commun dès vendredi et les a incités à retourner sur leur lieu de travail à partir du 1er août. Les casinos, bowlings, ou salles de spectacle rouvriront à cette même date, a-t-il ajouté

Dans le même temps, en Argentine, le gouvernement a annoncé l'assouplissement du confinement dans la capitale Buenos Aires et sa région métropolitaine, malgré un taux élevé de contamination.

Le Niger va pour sa part rouvrir le 1er août ses frontières aériennes fermées depuis mars pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus

burx-CHZ/sl/bds/fjb




 

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