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Calendrier 5G: des associations dénoncent un "jeu de rôles" au gouvernement

 
 

Plusieurs associations demandant un report de la 5G pour des raisons sanitaires et environnementales ont dénoncé vendredi "le jeu de rôles" entre Bercy qui souhaite garder le calendrier du déploiement inchangé, et les ministres de la Transition écologique et de la Santé qui ont évoqué un délai.

"On reste sur le calendrier actuel", a assuré Bercy à l'AFP, à l'issue d'une réunion avec des associations venues remettre une pétition contre le déploiement de la future génération de réseaux mobiles et demander l'annulation de la procédure d'attribution des nouvelles fréquences, dans l'attente de nouvelles données sur leur innocuité.

Les enchères pour leur attribution doivent se tenir en septembre, ouvrant la voie à des premières offres commerciales dans certaines villes d'ici à la fin de l'année.

"Pour disposer de données, il faut que les déploiements commencent", a justifié le ministère de l'Economie, qui cite des travaux en cours de plusieurs organismes dont l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) ou l'Agence des fréquences (ANFR).

Seule concession aux associations, le gouvernement a demandé à plusieurs services de l'Etat un "bilan des premiers déploiements de la 5G dans le monde", attendu début septembre, pour en tirer "les bonnes pratiques".

Du côté du cabinet de la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, on assure au contraire que la question du calendrier n'est pas tranchée et que les "discussions en interministériel" se poursuivent.

Mme Borne et le ministre de la Santé Olivier Véran ont envoyé dimanche une lettre au Premier ministre demandant d'attendre une évaluation des effets sanitaires et environnementaux de la 5G avant de déployer ce nouveau réseau.

Sollicité vendredi par l'AFP à ce sujet, Matignon n'a réagi.

Les associations Priartem, Agir pour l'environnement, France nature environnement et le Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal) étaient venues vendredi remettre à la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie Agnès Pannier-Runacher une pétition contre la 5G signée par 82.000 personnes.

"Dans ce gouvernement, c'est un peu le jeu de rôles entre la ministre de l'Ecologie et celui de l'Economie", a déclaré à l'AFP le délégué général d'Agir pour l'environnement, Stéphen Kerckhove.

A l'issue de la réunion, les associations ont déploré dans un communiqué "une nouvelle forme de surdité démocratique consistant à écouter sans entendre".

"Il aura fallu moins d'une semaine pour que le gouvernement renonce aux avancées de la Convention citoyenne pour le climat", écrivent-elles.

Les 150 citoyens tirés au sort de la Convention citoyenne pour le climat avaient proposé le 21 juin d'instaurer un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de son évaluation sur la santé et l'environnement, une position suivie mercredi par des sénateurs à l'origine d'un rapport pour limiter l'impact écologique du numérique.

Les associations sont aussi à l'origine d'un recours au Conseil d'Etat, dont la décision, retardée par la crise sanitaire, n'est plus attendue "avant l'automne", selon une source proche du dossier.




 

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