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5G: qu'est-ce qu'une onde de télécommunication, est-elle dangereuse pour la santé?

5G: qu'est-ce qu'une onde de télécommunication, est-elle dangereuse pour la santé?
 
5G
 

Au cœur des inquiétudes d'une partie de la population par rapport au déploiement (imminent) de la 5G en Belgique, il y a les ondes, invisibles mais terriblement efficaces, et donc mystérieuses. Et depuis la nuit des temps, le mystère inquiète.

Une première antenne sur laquelle Proximus avait fièrement lancé la 5G il y a quelques semaines a été brûlée dans le Limbourg. Elle est l'aboutissement du succès exponentiel des campagnes "anti-5G" sur internet, qui ont même réussi à impliquer l'épidémie de coronavirus. Il était temps d'évoquer la future norme de télécommunication mobile avec la communauté scientifique. Que sont les ondes de la 5G ? Ont-elles un effet sur notre santé ? 

Lisez l'entièreté de notre DOSSIER 5G

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Qu'est-ce qu'une onde ?

"Les antennes des stations de base de tous les systèmes de télécommunication sans fil émettent effectivement des ondes, qui sont des champs électriques qui se propagent dans l'air, dans l'espace autour de l'antenne et jusqu'au récepteur, donc jusqu'à l'utilisateur", explique le professeur Philippe De Doncker, de la faculté des sciences appliquées de l'Université Libre de Bruxelles (ULB).

Ces champs électriques parviennent à transmettre de grandes quantités d'informations (une vidéo en haute définition, par exemple). "Ces ondes sont des signaux qui varient de façon sinusoïdale au cours du temps, à une certaine fréquence (ce sont les gigas ou mégas Hertz du spectre dont on a parlé). En modifiant ou en modulant ces sinusoïdes, il est possible de transmettre de l'information, comme on le fait depuis des décennies sur la radio FM, par exemple".

"Le récepteur", par exemple un smartphone via son modem 5G, "détecte cette variation, cette  modulation, et démodule, comme on dit, donc il décode les informations et interprète la modulation pour en déduire les informations  qui ont été transmises". Assemblés très rapidement, ces paquets d'informations peuvent former une vidéo, une photo, une page web, de la musique, etc.

Le professeur rappelle que "les ondes sont omniprésentes" dans notre monde. "Ça rassemble tous les phénomènes: à la fois les radiofréquences comme les télécommunications, mais aussi les phénomènes lumineux. Dès qu'il y a une lumière quelque part, ça veut dire qu'il y a une onde qui transporte cette lumière, si on veut. Donc on est immergé dans un bain d'ondes à différentes fréquences, et le spectre de fréquence est extrêmement large. Depuis les très basses (quelque Hertz), jusqu'au très hautes, comme la lumière visible, par exemple" (voir tableau ci-dessus).

Donc, "les radiofréquences utilisées pour les transmissions sans fil sont un cas particulier de ces ondes électromagnétiques, et elles vont environ de 500 MHz à 3 GHz pour les systèmes actuels".

Ces ondes ont-elles des effets sur notre santé ?

C'est LA grande question, bien entendu. Celle qui cristallise les revendications des 'anti-5G'. "Toutes les ondes ont des effets. Le tout est de savoir si ces effets sont néfastes, ou pas. Quand on va au soleil, il y a une augmentation de la température" ou des brûlures, ce sont les effets évidents de certaines formes d'ondes.

Si des effets réels existaient, ils devraient être visibles dans les statistiques qui sont à disposition

Pour l'instant, "le consensus scientifique autour des systèmes de télécommunication est de dire que dans les limites qui sont imposées par les normes (les V/m évoqués plus haut), il n'y a aucun mécanisme néfaste pour la santé qui a pu être identifié".

Certains évoquent un manque de recul par rapport aux effets des radiofréquences sur l'être humain, et veulent y lier l'augmentation des cancers. Philippe De Doncker estime que "c'est un point important et justement, on commence à avoir beaucoup de recul, et il existe des statistiques dans certains pays par rapport à des maladies qu'on pourrait associer aux ondes, comme certains cancers".

Et "dans ces statistiques comptabilisées depuis plusieurs dizaines d'années, on ne voit pas d'augmentation particulière de ces maladies correspondant à l'émergence des systèmes sans fil". Or, "si des effets réels existaient, ils devraient être visibles dans les statistiques qui sont à disposition".

Aucune preuve ne montre que l’exposition aux micro-ondes (autre nom pour les ondes des radiofréquences) contribue à l’apparition de cancer

Cette position a été partagée officiellement par Katleen Dillen, experte santé de Test-Achats, lors d'une audition au Parlement fédéral en janvier 2020, dont le rapport est accessible sur cette page. On peut y lire ceci :

"Test Achats partage le point de vue de nombreuses autorités de santé nationales et internationales selon lequel il n’y a actuellement, sur la base d’études scientifiquement étayées (menées sur des cultures cellulaires, des modèles animaux et dans des études épidémiologiques), pas assez de preuves indiquant que les radiofréquences électromagnétiques des téléphones mobiles et des antennes-relais seraient nocives pour la santé de l’homme à court et moyen terme (20 ans). La technologie étant encore trop récente, on ne peut tirer des conclusions à long terme (jusqu’à 50-60 ans); à cette échéance, des études sont donc encore nécessaires pour évaluer les effets biologiques potentiels de l’usage fréquent" des appareils mobiles.

Lors de cette même audition, Eric van Rongen, le président néerlandais de l'ICNIRP, "qui se compose d’un groupe d’experts indépendants qui n’ont aucun lien avec des sociétés commerciales ou des institutions", a fait les tours des études scientifiques sérieuses. Il conclut lui aussi qu'en cas d'exposition prolongée et intense (donc si vous tenez votre smartphone à côté de votre oreille durant des heures), "des effets nocifs éventuels peuvent uniquement se produire à la suite d’une augmentation de la température du corps ou de la peau". Mais que "aucune preuve ne montre que l’exposition aux micro-ondes (un autre nom pour les ondes des radiofréquences) contribue à l’apparition de cancer". Le président de l'ICNIRP a accordé une interview, longue mais facile à comprendre, à mes confrères de DataNews, le 2 mars dernier (traduite ici en français).

 




 

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