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Le directeur de l'asbl "Sans Collier" donne des nouvelles de Fiona, la chienne retrouvée agonisante à Wavre: "C'est une battante"

Le directeur de l'asbl
 
 

L'histoire de la chienne Fiona vous a certainement émus. Elle a été retrouvée agonisante et cadavérique dans un appartement de Wavre. Elle a été sauvée de justesse et recueillie par le refuge pour chats et chiens "Sans Collier". Ce midi, Alix Battard a accueilli son directeur, Sébastien de Jonge, sur le plateau du RTLinfo Bienvenue.

Avant de comprendre ce qui a pu se passer, donnez-nous des nouvelles de Fiona. Elle va mieux ?

"Elle va mieux, elle n’est pas encore sauvée mais on a vraiment beaucoup de chance et beaucoup d’espoir et normalement on peut quand même être rassuré. Elle a repris 4 kilos en une semaine, ce qui est énorme puisqu’elle n’en faisait plus que 7 kilos. Donc un tiers de son poids. Et puis surtout elle a le moral, c’est une battante"

Vous lui avez déjà trouvé une famille d’accueil ?

"C’est trop tôt évidemment pour déjà penser à l’adoption. On est parti pour des longs mois de revalidation. Je m’en occupe personnellement avec ma compagne à la maison et il y a des fortes chances qu’elle reste chez nous, mais on y pense pas encore"

Qu’est-ce qu’a subi Fiona pour être dans un tel état ?

"Elle a subi vraiment des actes très graves puisqu’il s’agit d’actes intentionnels. Cela veut dire que pendant des semaines, voire des mois, elle a été attachée à une rambarde d’escalier et affamée, avec une intention réelle de laisser mourir l’animal. Pendant quasiment toute la durée du confinement, cette chienne est restée sans manger, sans contact, dans un appartement vide. On imagine toute la souffrance que cela occasionne chez l’animal. Quand on l’a retrouvée, elle était clairement à l’agonie, en train de mourir. Elle ne savait plus bouger"

Qui sont ces gens qui font ça ? Existe-t-il un profil type des personnes maltraitantes ou cela peut être tout le monde ?

"Non malheureusement, il n’y a pas de profil type. Ce serait plus simple pour nous pour agir et pour sélectionner par exemple les adoptants. Il y a vraiment aucune catégorie de société. Cela peut être le voisin au coin de la rue"

Vous êtes parfois surpris du profil de ces gens ?

"Bien sûr. On a des gens par exemple qui maltraitent des animaux alors qu’ils n’ont aucun problème financier. Ils vont enfermer des chiens dans de toutes petites cages juste parce qu’ils n’ont pas la même conception du bien-être animal ou parce qu’ils ont des problèmes psychologiques. Maintenant il faut se rendre compte que des actes d’une telle cruauté c’est relativement rare" 

En parler et dénoncer ce type de faits comme vous le faites, c’est dans tous les cas une bonne idée ou cela peut aussi donner des idées à des personnes un peu folles ?

"On pense dans le secteur que c’est vraiment nécessaire. C’est comme toutes les causes qui sont défendues, il faut en parler parce qu’on a besoin de l’opinion publique pour que cela change. Sans ça, il n’y a pas d’évolution. C’est important de montrer aux gens ce qui se passe, c’est aujourd’hui une réalité. Et forcément on communique par rapport à ça. Par rapport au fait que cela pourrait inspirer des personnes, alors là ce sont des psychopathes, des personnes qui ont vraiment des problèmes psychologiques et donc je ne pense pas que cela change grand-chose finalement pour eux. S’ils doivent passer à l’acte, ils le feront quand même"

En parler, c’est important. D’ailleurs, depuis que vous avez dénoncé l’histoire de Fiona, vous-mêmes à l’association, vous croulez sous les demandes d’adoptions ?

"On a eu vraiment énormément de mobilisation, énormément de demandes. On a quadruplé finalement les demandes. On en a environ 500 par jour contre entre 50 et 100 en temps normal. Ce qui est énorme. Evidemment, toutes les demandes ne sont pas de bonnes demandes, donc on doit filtrer tout ça. Mais cela montre aussi qu’il y a un réel intérêt derrière, que l’histoire a touché et mobilisé les gens. Certains veulent adopter Fiona, d’autres veulent sauver un animal de refuge. Et ça c’est positif"

Pendant le confinement, il y a donc eu un pic des adoptions. Vous ne craignez pas maintenant un pic des abandons ?

"Non, en tout cas pas chez nous puisqu’on filtre les demandes. Cela veut dire que l’on va sélectionner des personnes qui réfléchissaient déjà à l’acquisition et qui ont profité du confinement pour adopter. On craint quand même un pic d’abandons parce qu’en fait ils ont été mis en stanby avec le confinement. Plus de déménagement, plus de divorce, etc. Mais avec le déconfinement, les abandons reprennent"




 

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