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Les élèves qui doivent passer le jury central toujours dans le flou: "On est privés de vacances puisque je suppose que ça va être juillet ou en août"

 
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Les élèves qui préparent le jury central sont, eux, dans le flou. Ils ignorent si leurs examens seront organisés ou s'ils seront reportés. Leurs parents dénoncent une situation intenable.

Alexane a 13 ans et est inscrite dans une école privée. Comme tous les élèves dans son cas, elle doit valider son année en passant un examen officiel du jury central. Alors depuis deux mois, elle étudie sans relâche. "On était tous les jours au téléphone avec les professeurs, on travaillait, travaillait. Et là on nous dit qu’en juin, il n'y a plus d’examen. Du coup, on est privés de vacances puisque je suppose que ça va être juillet ou en août. Ça me stresse beaucoup, et je pense que ça nous stresse tous". Pas de date pour le futur examen. Alexane et ses camarades doivent donc rester en blocus jusqu'à nouvel ordre. Près de 1000 jeunes seraient dans le même cas.

Les parents sont inquiets. Leurs enfants devraient entrer en 3e secondaire l’an prochain. Certains voudraient retourner dans l’enseignement traditionnel. Mais impossible de les y inscrire tant qu’ils n’ont pas passé leur examen cette année.

Laurent, papa d’un élève d’école privée, témoigne: "On pense qu'il y a beaucoup de jeunes qui vont passer de deuxième en troisième. On n'est pas sûrs des places, et nous on risque d'arriver sur une liste d’attente très tard, car on aura les résultats scolaires bien tard. Ça, c'est notre grande inquiétude".

De l’incertitude et une attente insupportable pour ces élèves qui, selon leur professeur, sont déjà fragilisés. "Parce qu’ils sont HP (haut potentiel, ndlr", qu'ils s’ennuient à l'école et qui du coup décrochent, parce qu'ils ont connu un problème de harcèlement, puis ont développé une phobie scolaire, ou parce qu'ils sont dyslexiques et qu'il n'ont pas trouvé le répondant. Ici, on essaye de s’adapter à eux, et de continuer à développer avec eux le plaisir d’apprendre, et ils ont bossé dur", estime Fanny Demeulder, enseignante à l’Ecole du Dialogue du Dialogue à Anderlecht.

Aujourd’hui, cette école réclame une solution, car ces enfants se sentent oubliés. John Rizzo, le directeur, explique: "Soit l’Etat organise un examen, peut-être même allégé, pour les CE1D d'ici la fin juin, et nous dit maintenant les dates. Soit ils nous permettent nous-mêmes de jouer ce rôle de conseil de classe".

Selon le Ministère de l’Education, le problème est de trouver des auditoires suffisamment grands pour respecter les règles de distanciation. Il dit mettre tout en œuvre pour y parvenir rapidement.

 




 

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