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Coronavirus: "manque d'anticipation", "cacophonie entre les niveaux de pouvoir", de hauts responsables du monde médical dénoncent

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Certains hauts responsables du monde médical dénoncent la façon dont le monde politique gère cette crise. Et les mots sont durs : "manque d'anticipation", "cacophonie entre les différents niveaux de pouvoir", ils estiment que les autorités ne les écoutent tout simplement pas.

Au sein du personnel soignant, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la manière dont le monde politique gère la crise du coronavirus. Plusieurs responsables d’hôpitaux reprochent à nos dirigeants de faire des déclarations politiques sans fondement. "Je dirais, laissons la médecine aux médecins et laissons la politique au politique. Un exemple, c'est quand on nous dit, veuillez rédiger maintenant des certificats de non-contagion. Je dirais que c'est un réel non-sens, puisqu'on ne sait absolument pas prouver que quelqu'un n'est pas contagieux", explique Manfredi Ventura, directeur médical du Grand Hôpital de Charleroi.

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"Pas de pénurie pour les médicaments vitaux": une phrase qui fait bondir

Dans un communiqué de presse rédigé par le cabinet de Philippe De Backer, le ministre en charge de gérer l'approvisionnement en matériel pour la protection personnelle, il est écrit qu'il n’existe pas de pénurie pour les médicaments vitaux. Cette phrase fait bondir le personnel soignant. "S'il n'y a pas de pénurie, pourquoi met-on cinq jours à livrer quelque chose alors qu'on sait qu'on sera tombé à court au bout de deux jours? On a laissé l'hôpital pendant trois jours sans un médicament vital, et cette situation, c'est la même dans tous les hôpitaux du pays", estime Philippe Devos, président de l'Absym, le syndicat des médecins.

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Un "jeu politique"

Certains acteurs de terrain ne se sentent pas compris dans leur lutte quotidienne contre le virus. Ils dénoncent un manque d’écoute et d’anticipation de la part des autorités. Pour Manfredi Ventura, il y a un "jeu politique": "On a l'impression que chacun doit dire ce qui lui passe par la tête et montrer qu'il est présent". "Cette volonté de toujours essayer de communiquer le premier entre les 7 ministres de la santé fait qu'on vit de faux espoirs et des déceptions", estime Philippe Devos.

Ces déceptions minent le moral du personnel soignant. Il réclame des actes, plutôt que des remerciements.

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