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Le procès de Yassine B., le faux taximan accusé de viols sur des étudiantes, a débuté: un "serial violeur" selon le procureur

 
 

A Bruxelles, le procès d'une affaire dont on a beaucoup parlé à la fin 2019 vient de commencer. Celui d'un homme de 44 ans accusé, notamment, de s'être fait passer pour un chauffeur de taxi pour agresser et violer des jeunes filles. Neuf victimes sont impliquées dans le procès. L'avocat de la défense n'a pas hésite à qualifié lui-même le prévu de "prédateur sexuel".

Il y a quelques mois, en novembre 2019, une jeune étudiante de l'ULB d'une vingtaine d'années sort fortement alcoolisée d'une soirée sur le campus de la plaine. Yassine, un homme de 44 ans propose de la ramener chez elle. Il a l'apparence d'un chauffeur de taxi Collecto, mais c'est une ruse. La jeune fille se retrouvera chez lui à Feluy et sera violée.

On parle de séquestration pendant plusieurs heures

Devant le tribunal correctionnel ce jeudi matin, le prévenu reconnaît, face aux preuves ADN, qu'il y a bien eu viol. Il minimise cependant la gravité de son comportement. "On ne peut se reconstruire que lorsque votre agresseur reconnaît la réalité de ce qu'il s'est produit. Ici on parle de séquestration pendant plusieurs heures. On parle de l'utilisation d'une arme, d'un couteau. Cela ne correspond pas du tout à ce que lui vient nous déclarer aujourd'hui devant le tribunal", réagit Caroline Poire, avocate de l'une des plaignantes.

Un serial violeur selon le procureur

Yassine B. est poursuivi pour attouchements sexuels ou viols sur au moins neuf victimes. La plupart du temps, il s'agissait de jeunes filles alcoolisées repérées de nuit dans un café ou à la sortie de lieux de fête. Les avocats, tant des parties civiles que de la défense, estiment qu'il s'agit d'un prédateur sexuel. Le procureur parle d'un serial violeur.

On ne saura jamais s'il a mis quelque chose dans le verre de cette jeune femme

"Lui ne boit pas d'alcool. Il va chercher, vers 4 ou 5 heures du matin, des jeunes filles qui sont en état d'ivresse et qu'il va pouvoir manipuler à sa guise. Il les embarque il les emmène pour la plupart du temps chez lui. Et puis ces jeunes femmes se se réveillent parce qu'il y a un acte sexuel alors qu'elles s'étaient endormies. En ce qui concerne ma cliente, par exemple, lui a admis qu'il est allé dans le café et qu'il lui avait offert un verre, il est allé lui payer un verre... On ne saura jamais s'il a mis quelque chose dans le verre de cette jeune femme", explique Laurent Kennes, avocat de l'une des plaignantes.

L'avocat du prévenu conteste cinq faits

Le prévenu est perçu comme un fin calculateur, choisissant des victimes vulnérables et ne reconnaissant les faits que lorsqu'il y est acculé. "Il y a des faits dans lesquels il y a des aveux circonstanciés qui ont été faits ce matin. Et il y a d'autres faits dans lesquels le procureur estime que les charges sont suffisantes. Et il y a des faits pour lesquels moi j'estime, et ils sont au nombre de cinq, qu'il n'y a pas de charges qui sont suffisantes", indique l'avocat du prévenu, Philippe De Keyser.

Le ministère public a requis jeudi en fin de journée une peine de 10 ans d'emprisonnement ferme assortie de 5 ans de mise à disposition du tribunal d'application des peines contre le faux taximan prévenu pour viols en série à Bruxelles. Des dédommagements ont également été demandés pour les parties civiles en début d'après-midi. Les audiences reprendront mardi à 08h45.




 

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