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Le coronavirus va coûter près de 2 milliards à la Wallonie: "On parle de la survie des gens"

 
CORONAVIRUS
 

Sans surprise, la crise du coronavirus, à l'heure de faire les comptes, fait très mal. Le déficit budgétaire (voir la définition dans notre analyse sur la dette publique) pour l'ensemble des pouvoirs publics belges en 2020 devrait être compris entre 43 et 50 milliards d'euros.

Au niveau de la région wallonne, on a des chiffres plus précis. La pandémie va lui coûter environ 2 milliards d'euros (dont 1,1 milliard de soutien aux indépendants et entreprises, santé, emploi, social). "Il fallait (dépenser cet argent), même si ça fait mal au budget. Soutenir l'entreprise, l'humain et le social directement, sans attendre. Car il aurait été trop tard: on parle de la survie des gens", nous a expliqué Jean-Luc Crucke, ministre wallon du budget.

Le reste des 1,854 milliards, c'est le manque à gagner. Les rentrées fiscales (taxe, impôt, etc) sont en baisse de 720 millions d'euros à cause du ralentissement de l'économie et de la consommation. 

La Wallonie a donc fait un emprunt de 2 milliards d'euros, à très bon taux (0,06%). "Il faudra le rembourser… L'un des prêts s'étale sur 5 ans, et l'autre sur 20 ans. On lisse dans le temps le report, ce qui est assez classique. Mais si nous n'avions pas souscrit ces emprunts, ça aurait coûté à la Wallonie beaucoup plus cher".

Serein mais prudent

Le ministre wallon du budget abordera donc le prochain conclave budgétaire régional, qui devrait débuter la semaine du 13 juillet, avec "sérénité mais prudence". Selon un scénario basé sur les chiffres de ce mois, le PIB régional pourrait chuter de 10,6% cette année, avant de regagner 8,2% l'an prochain. L'impact négatif sur les recettes, lui, atteindrait 720,4 millions d'euros cette année et 632,6 millions en 2021 tandis que les dépenses s'élèveraient à 1,134 milliard en 2020, dont 709 millions de dépenses hors trajectoire budgétaire. Quant aux 200 millions dégagés dans le cadre du dossier prosumer, ils ne sont pas repris dans ces données, le gouvernement ne s'étant pas encore formellement engagé.

"Nous sommes en voie de maîtriser l'aspect budgétaire. Je ne suis donc pas inquiet même si je reste prudent car la crise n'est pas terminée et on ne pourra pas multiplier indéfiniment les opérations de benchmark", a-t-il ajouté sans s'avancer sur une nouvelle trajectoire de retour à l'équilibre alors que la Région travaille toujours à l'élaboration d'un budget base zéro.

"Le sérieux budgétaire doit toujours être de mise mais il y a des moments de solidarité intense. Nous dessinerons une trajectoire budgétaire quand nous disposerons de tous les paramètres", a poursuivi Jean-Luc Crucke en excluant toutefois de recourir à de nouveaux impôts.

"Aujourd'hui, nous avons besoin de toutes les forces et la relance devra être publique. Aller chercher du financement par l'impôt, c'est casser la dynamique. Ça ne veut pas dire que ceux qui se sont enrichis durant la crise ne devront pas contribuer davantage, mais il faudra le faire intelligemment", a-t-il enfin déclaré.

 




 

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